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VPH : le vaccin et le test ne répondent pas à la même question

L'un prévient une infection, l'autre la détecte. Le Québec remplace en ce moment le test Pap par le test VPH, et être vaccinée ne vous retire pas du dépistage.

· 4 min de lecture

Écrit par Dr. Andrew Gyopar · Chirurgien général, directeur médical

A woman waiting in a bright consulting room before an appointment.

Faits saillants

  • Le vaccin prévient une infection au VPH. Le test de dépistage cherche une infection déjà présente.
  • Le Québec dépiste de 25 à 65 ans : aux cinq ans avec le test VPH, là où le test Pap se faisait aux trois ans.
  • Le vaccin nonavalent couvre les types responsables d'environ 90 % des cancers du col de l'utérus, ce qui explique pourquoi le dépistage se poursuit ensuite.
  • Le Québec remplace le test Pap par le test VPH progressivement, grappe de laboratoires par grappe de laboratoires.

Deux choses différentes se font appeler « le test du VPH », et elles ne sont pas interchangeables. L'une est un vaccin qui prévient une infection. L'autre est un test de dépistage qui cherche une infection déjà présente. Être à jour pour le premier ne vous retire pas du second — et au Québec, le second est justement en train de changer.

Ce que fait le vaccin

Le vaccin nonavalent protège contre sept types de VPH à risque élevé, responsables ensemble d'environ 90 % des cancers du col de l'utérus, ainsi que contre deux types à faible risque à l'origine d'environ 90 % des condylomes anogénitaux. Il agit avant l'exposition au virus. C'est une prévention, pas un traitement : il n'élimine pas une infection déjà installée.

Au Québec, il est administré à l'école. Depuis l'année scolaire 2024-2025, le calendrier prévoit une seule dose de vaccin nonavalent en 4e année du primaire, et la seconde dose en 3e secondaire n'est plus requise pour les jeunes dont le système immunitaire est normal. Le vaccin est gratuit pour les jeunes de 9 à 20 ans, ainsi que pour les personnes de 21 à 45 ans immunosupprimées ou vivant avec le VIH.

Le programme pour les adultes bouge

Au-delà de ces groupes, le Québec a mis en place des mesures temporaires pour les adultes — dont une offre à durée limitée du vaccin bivalent aux adultes en bonne santé de 21 à 45 ans, prévue jusqu'à l'épuisement des doses disponibles plutôt que jusqu'à une date fixe. Une admissibilité déterminée par les stocks est une admissibilité qui change : vérifiez ce qui est en vigueur au moment de prendre rendez-vous plutôt que de vous fier à un article.

Ce que fait le test de dépistage

Le dépistage pose une autre question : y a-t-il une infection à VPH à risque élevé en ce moment ? Le test VPH détecte la présence du virus lui-même. Le test Pap qu'il remplace détectait les anomalies des cellules du col de l'utérus associées aux infections persistantes aux VPH — la conséquence plutôt que la cause.

Au Québec, le dépistage est offert de 25 ans à 65 ans. Avec le test VPH, l'intervalle recommandé est de cinq ans, là où le test Pap se faisait aux trois ans.

Pourquoi cela commence à 25 ans

Avant 25 ans, les infections transitoires aux VPH, qui se résorbent d'elles-mêmes, sont fréquentes, et les cancers du col de l'utérus sont rares. Dépister plus tôt révèle surtout des infections qui allaient disparaître seules, et chacune de ces découvertes déclenche un suivi qui a son propre coût.

Le Québec change de test de première intention en ce moment

Depuis 2022, la province implante le test VPH comme test de dépistage primaire à la place du test Pap. La transition est progressive plutôt que simultanée partout : elle avance grappe de laboratoires par grappe de laboratoires, et le test qui vous sera offert peut dépendre du réseau de laboratoires qui dessert l'endroit où vous êtes prélevée. C'est une question raisonnable à poser au rendez-vous.

L'intervalle plus long n'est pas un relâchement des normes. Le raisonnement est que le risque de détecter une lésion précancéreuse ou un cancer pendant les cinq ans suivant un résultat de test VPH négatif est inférieur au risque comparable après un test Pap.

Pourquoi la vaccination ne met pas fin au dépistage

Environ 90 %, ce n'est pas 100 %. Les types couverts par le vaccin nonavalent sont ceux qui causent la majorité des cancers du col de l'utérus, pas la totalité : une infection par un type en dehors de ce groupe demeure possible. Le vaccin agit aussi avant l'exposition, ce qui signifie qu'une personne vaccinée à l'âge adulte a pu rencontrer le virus auparavant. La formulation du Québec est la bonne : la vaccination contre les VPH et le dépistage du cancer du col de l'utérus sont les deux moyens les plus efficaces de prévenir ce cancer. Deux, pas un.

Par où commencer

Si vous n'avez jamais été vaccinée, c'est une conversation. Si vous avez entre 25 et 65 ans et que vous ne vous souvenez plus de votre dernier dépistage, c'en est une autre, et la réponse ne dépend pas de votre statut vaccinal. La vaccination contre le VPH et le test de dépistage du VPH se font tous les deux ici, et déterminer lequel vous concerne ne devrait pas reposer sur vous.

Sources

  1. Information on cervical cancer screening · Gouvernement du Québec
  2. Transition du test Pap au test VPH — dépistage du cancer du col de l'utérus · Gouvernement du Québec — ministère de la Santé et des Services sociaux
  3. Human Papillomavirus (HPV) Prevention and HPV Vaccines: Questions and Answers · Public Health Agency of Canada
  4. Programme de vaccination contre les infections par les virus du papillome humain (VPH) · Gouvernement du Québec
  5. Gratuité temporaire du vaccin contre les VPH pour les adultes de 21 à 45 ans · Institut national de santé publique du Québec